Le journal des femmes au foyer

Pour toutes celles qui ne sont plus des anonymes qui travaillent dans l'ombre...

02 mars 2007

Monter une société et travailler avec son conjoint

Depuis septembre 2004 en plus d’être femme au foyer, je me suis improvisée comptable,  mais à temps partiel. Je ne suis pas comptable de formation, même si en ayant fait des études économiques, il y avait bien une ou deux petites UV (unités de valeur) de comptabilité, mais rien qui ne m’ait donné l’envie d’en faire un métier.

A la différence de certaines femmes au foyer, je me suis arrêtée de travailler en 1999, une fois mes enfants déjà un peu grands (l’aînée avait 6 ans et le plus petit 3 ans). C’était un choix : envie de voir ses enfants grandir, lassitude de courir après la vie et perte d’intérêt pour mon métier de cambiste.
 
En 2004, mon mari, à l’époque salarié, décide de monter sa propre société. Je vous laisse imaginer l’effroi compte tenu de mon statut de FAF. Mais 40 ans c’est l’âge de raison et le projet est solidement ficelé. En route pour l’aventure !

Monter une société relève un peu du parcours du combattant avec toutes les démarches administratives, même si celles-ci sont un peu simplifiées depuis la création des CFE (centre de formalités des entreprises). Le statut de SARL impose de tenir une comptabilité. A la recherche d’un cabinet, je me suis tournée vers ma voisine comptable de métier pour lui demander des références. Comme elle était en congés maternité, elle m’a proposé son aide et suggéré de tenir moi-même la comptabilité de la société. Après une période de formation, me voilà devenu comptable mais avec un cabinet d’experts comptables en soutien, pour l’établissement du bilan. 

Compte tenu de notre activité, le siège social de la société se trouve dans notre maison. Je passe donc de la  à la sans bouger de chez moi !

Ce qui offre un côté pratique indéniable du point de vue temps de transport, organisation. Le rythme de la journée est fonction de la charge de travail. Une liberté totale, du moment que le travail est fait. Ce qui me manque le plus par rapport à mon ancienne activité salariée ce sont les contacts humains (ah, «  les bonnes blagues » autour de la machine à café)

La plupart du temps nous travaillons dans le même bureau, chacun son job et son PC. 

Mon mari dispose d’un bureau de représentation à Genève où il se rend de temps en temps en fonction de ses rendez-vous. Pas toujours évident de travailler ensemble, la vie professionnelle déborde souvent sur la vie privée, surtout avec les nouvelles technologies et le temps de travail s’invite facilement le soir ou le week-end. Mais dans l’ensemble, l’équilibre est respecté sinon je râle !

Finalement, j’aime bien cette organisation où je m’organise à mon rythme. Tout le monde y gagne, les enfants, le mari et moi aussi car cela me laisse un peu de temps libre pour faire autre chose. En plus j’ai retrouvé ma sécurité sociale et je cotise à nouveau pour ma retraite ce qui est loin d’être négligeable !

 Je pense que je ne suis pas la seule à travailler avec son conjoint, je pense notamment aux femmes d’artisans ou d’agriculteurs qui s’impliquent beaucoup dans l’activité de leur mari.

Tous mes remerciements les plus amicaux à Jolie pour ce témoignage.

Posté par damouredo à 12:41 - Interviews - témoignages - Commentaires [26] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

02 février 2007

Mère au foyer-peintre...ou peintre-mère au foyer ?

Damouredo : Tu as un joli pseudo...mais c'est peut être ton vrai prénom ?
Miriama : Oui c'est un prénom tahitien

Damouredo : Et quel en est le sens ?
Miriama : En fait ca vient de Myriam "tahitianisée"

Damouredo :  Donc tu es tahitienne. Née la bas ?
Miriama : Oui, née et grandit là-bas.

Damouredo : Raconte moi un peu tout cela...car tu vis en Corse maintenant non ?
Miriama : Oui je vis en corse depuis deux ans, j'ai quitté Tahiti quand mon mari a été muté ici.

Damouredo : Tes parents sont aussi tahitiens ?
Miriama : Comme beaucoup de polynésiens, je suis métissée. Ma mère est moitié tahitienne et moitié anglaise, mon père est italien... j'ai aussi du sang chinois. c'est un peu le choc des cultures dans la famille !

Damouredo : En effet. Beau mélange. Et ton mari ?
Miriama : Polonais d'origine, mais sa famille est d'origine grenobloise. Nos enfants sont la 4éme génération de métissage dans la famille ! A Tahiti, il était en mission là-bas, et je me suis laissée embarquer !!! Il est fonctionnaire. Au Trésor Public.

Damouredo : Tu y vas souvent, car il y a plus de 20 heures d’avion, je crois…
Miriama : Je ne suis pas retournée à Tahiti depuis que nous sommes en Corse. 24 heures de voyage avec des petits c'est long, mais on y va en mai pour ma prochaine expo.
Mon ainé est né là-bas, mais le petit ne connait pas Tahiti.
L'ainé, Anapa ,a deux ans et demi, le petit, Keanu, 16 mois.
J’ai toujours vécu à Tahiti, sauf pour mes études.

Damouredo :C’est bien ce qu’il me semblait…tu as fait des études d’architecture à Paris ?
Miriama : C'est ça, tu es bien renseignée ! 2 ans à Montpellier, 4 ans à Paris.
En fait au début de mes études je voulais rester en France, et puis ensuite, c’était trop dur, j'avais besoin de mon île.
Les premières années, j'étais ravie d'être à Paris, c'était mon rêve d’enfant...
Il n'y avait pas de grandes écoles, ni de de fac il y a 10ans à Tahiti.
Et puis je voulais voir autre chose que la Polynésie. Je rêvais d'art et de culture ! Et quand tu es jeune et curieuse, tu a envie de vivre d'autres choses.

Damouredo : Donc c'est un rêve d'enfant...tu as toujours voulu aller à Paris...
Miriama : Enfant je rêvais de visiter Paris, de voir le Louvre.
Tahiti c'est super quand tu aimes le soleil, mais quand tu veux aller au cinéma ou t'instruire, tu tournes vite en rond ! Donc Paris, la France pour moi c'était vraiment le rêve absolu!

Damouredo : Et pourquoi des études d’architecture, tu aurais pu faire les Beaux Arts ?
Miriama
: Si, je voulais faire les beaux arts, j'ai même passé le concours de l’école du Louvre, mais mes parents trouvaient qu'artiste ce n’était pas assez sérieux comme métier.
Ils m’ont laissé partir, mais comme ils étaient inquiets, je suis d'abord allée à Montpellier où il y a une communauté polynésienne. Il y a beaucoup d’étudiants polynésiens qui vont à Montpellier.

Damouredo : Tiens, c’est amusant...à cause du soleil ?
Miriama : A cause du soleil, et puis parce que c'est plus petit que paris j'imagine... c'est comme cela depuis 20 ans !!! Il y a 25 ans beaucoup de tahitiens voulait faire médecine et venait en France.

Damouredo : Donc tu as ton bac...Bac scientifique avec option art plastique...et tu décides de partir à l'autre bout du monde...Arrivée à Montpellier tu fais quoi ?
Miriama : Je rentre à l'école d'architecture. Mon père m'avait promis que si je faisais de vraies études, j'aurais droit à 2 ans de peinture à Florence.
En fait il m'a bien eu parce qu’au bout de 6 ans d'études je ne voulais plus aller à florence, mais travailler.

Damouredo : Mais tu n'es pas restée à Montpellier toutes tes études ?
Miriama : Non, paris c'était mon rêve, et puis pour les études d'architecture c'est quand même mieux !
J’ai pu changer car au bout de deux ans tu as un premier diplôme, qui te permet d'être architecte d'intérieur ou collaborateur d'architecte.
Si tu le souhaites, tu démarres un deuxième cycle de 4 ans pour être DPLG. C'est ce que j'ai fait.
Je voulais de plus me spécialiser en architecture environnementale. 

Damouredo : Explique moi ce que c’est, car je suis une quiche en architecture…c’est quoi "DPLG" et "l’architecture environnementale" ?
Miriama :"DPLG" veut dire Diplômé Par Le Gouvernement. C'est ce qui te permet de construire plus de 170m2, d'être inscrite à l'ordre des architectes et de fournir la garantie décennale.
"L'architecture environnementale" est plus respectueuse de l'environnement naturel et culturel de la construction. Tu emploies des matériaux sains, des techniques de construction traditionnelles, etc

Damouredo : Et la garantie décennale...c'est quoi ?
Miriama : Ce qui garantie à ton client que ce que tu as construit est sensé tenir 10 ans. Pendant 10 ans tu peux te retourner contre l'architecte si il y a un problème dans la construction.
C'est un peu technique. C'est ce qui justifie les honoraires des architectes !

Damouredo : Si j'ai bien compris...toi l'architecture...ce n’était pas ton rêve de départ...Tu rêvais déjà de peindre... Mais tu as fait archi pour faire plaisir à tes parents, alors ?
Miriama
: Oui, disons qu'ils ont su me faire croire que j'avais envie d'être architecte. J'ai adoré ces études, mais au bout d'un an d'exercice en tant qu'architecte je me suis ennuyée, et dès que j'ai pu faire autre chose j'ai changé pour faire de l'environnement justement, et de la communication.Et dès que j’ai eu mon diplôme en poche, je suis rentrée à Tahiti. La Polynésie était en pleine période de construction après la fin des essais nucléaires, et j'ai eu des propositions de boulots très intéressantes, donc motivée pour rentrer !

Damouredo : Et tu as fait tes premières armes d'architecte à Tahiti ?
Miriama : Oui pendant 1 an j'ai travaillé pour le gouvernement polynésien. D'abord sur des projets d'aménagement et ensuite sur des projets de rénovation, plus en rapport avec ma spécialité environnementale.
J'adorais mon chantier de rénovation, mais quand on m'a proposé de faire de l'environnement et de la sensibilisation, et comme par ailleurs j'avais une association de protection de l'environnement, j'ai foncé et je me suis investie là dedans. La Polynésie a des soucis en matière d'environnement.

Damouredo : Ton association de protection de l’environnement...cela consistait en quoi ?
Miriama : Dès que je suis rentrée à Tahiti, j'ai milité pour la protection de l'environnement, et comme j'étais architecte, on m'a très vite demandé de représenter les associations dans les commissions d'aménagements. Et de fil en aiguille, j'ai fini par travailler pour le ministère de l'environnement polynésien.
Tahiti est petit et de plus, j'étais la première polynésienne architecte.
Le salaire n’est pas le même, mais je suis une idéaliste, cela n'avait pas 'importance. Je voulais changer le monde.

Damouredo : Ah oui ? Jamais eu d'architecte polynésien avant toi ? Que ce soit homme ou femme ?
Miriama : Non, pas d’architecte. Ni polynésien ni polynésienne. Les politiques m'ont vite repérée.
En fait les deux autres architectes polynésiens sont arrivés après moi et les archis qui exerçaient déjà à Tahiti étaient tous d'origine métropolitaine.

Damouredo : J'interviewe une célébrité alors...
Miriama : Bof, à l'échelle d'une petite île…

Damouredo : Et tu n'as pas regretté Paris ?
Miriama : Non parce que je pouvais m'investir pour mon pays, et que j'étais très occupée.

Damouredo : Et la peinture dans tout cela ? Parce que c'est quand même ton rêve de départ...
Miriama : Ah c’est une longue histoire. C’est enceinte de mon premier garçon que je me suis remise à dessiner puis à peindre, et c’est enceinte de mon second garçon que j’ai décidé de tout arrêter pour devenir artiste à part entière. Très encouragée par mon homme.
J’ai toujours peint et dessiné et j'ai arrêté après mes études...

Damouredo : A Paris, j’imagine que tu as dû arpenter le Louvre, Orsay et les autres musées parisiens dans tous les sens ?
Miriama : En archi on fait beaucoup d'histoire de l'art, de photos, de dessins, de nus, c'est très artistique comme étude. c'est pour ca que j'ai tant aimé ces études. De plus quand tu es étudiante en architecture les musées sont gratuits… Et j’étais plus en cours d'arts plastiques qu'en cours de constructions

Damouredo : Quels étaient tes musées préférés ? Tes artistes préférés ?
Miriama : Beaubourg, Le Louvre et le Jeu de paume. Mes peintres préférés sont Matisse, Tapies, Ingres,  Soulages et Motherwell...J'aime aussi beaucoup les sculptures de Giacometti.

Damouredo : Et c'est quand même amusant...que tu découvres l'homme de ta vie...français...à Tahiti...alors que tu vis pendant 6 ans en France...
Miriama : Mais lui, vivait déjà à Tahiti quand j'étais à paris Et il était à Nîmes quand j’habitais Montpellier. Mais nous nous sommes connus à Tahiti.

Damouredo : Gamine tu te voyais plutôt mariée avec un polynésien, non ?
Miriama : Gamine je ne me voyais pas du tout mariée !

Damouredo : Et encore moins femme au foyer...j'imagine
Miriama : Et non ! LOL Nous nous sommes connus, il y a 4 ans. J’avais 25 ans.

Damouredo : Tu tombes amoureuse de ton mari...tu travailles alors que tu es mariée ?
Miriama : Oui, comme une folle même ! Et puis très vite on décide de faire un bébé comme c'est l'amour fou !

Damouredo : Et tu arrêtes tout...

Miriama : En fait pas tout de suite. Après la naissance d'Anapa j'ai continué à travailler, mais comme je suis tombée très vite enceinte de Keanu (ils n’ont que 13 mois d'écart) et que mon mari a eu cette proposition de mutation pour Ajaccio, j'ai décidé d'arrêter de travailler.

Damouredo : Et comment ton mari a découvert ta passion un peu refrénée pour la peinture ?Tu lui as montré des tableaux ?
Miriama :Pendant mon premier congé maternité j'ai ressorti mes carnets de croquis, retrouvés chez mes parents. Puis j'ai eu envie de peindre, et voilà. Evidemment mon mari a trouvé que c'était génial (avec mon mari tout ce que je fais est génial, je crois bien qu'il est mordu !) moi j'étais moins enthousiaste, mais j'ai retrouvé le goût de peindre comme cela. C'est redevenu vital assez vite pour moi en fait.

Damouredo : Ecoute ce que j'en ai vu me plait aussi beaucoup.
Miriama : Merci, je ne vais pas te reprocher d’aimer ma peinture…

Damouredo : La peinture n’a donc pas été une découverte subite pour toi…tu peignais déjà auparavant.
Miriama : Oui je peignais avant, mais étrangement le fais d'être maman m'a apaisée coté peinture.

Damouredo : Ton style est maintenant tout à fait différent ? C'est ce que tu veux dire ?
Miriama : Je ne me demande plus si c'est génial ou pas, je me fais plaisir, et tant mieux si je communique ce plaisir.

Damouredo : Et si ton mari n'avait pas eu cette proposition pour la Corse....qu'aurais tu fait ? Tu aurais continué à travailler ?
Miriama :Je ne sais pas trop... disons que cela aurait été plus difficile pour moi de prendre la décision d'arrêter de travailler pour peindre.

Damouredo : Finalement ce sont les circonstances...qui ont fait le choix pour toi...
Miriama : Oui disons que j'ai eu de la chance... les circonstances m'ont permis de prendre le temps de faire ce que je veux réellement.

Damouredo : Parce que c'est de nouveau le grand saut...Tu quittes encore ton ile, ta famille...ton job qui avait l'air de te passionner... pour suivre l'homme de ta vie...et pour devenir femme au foyer...et aller en Corse à des milliers de km de chez toi...Ce n’est quand même pas évident !
Miriama : Ben oui... Mais parfois il faut savoir se laisser porter par les circonstances. La preuve j'ai bien fait...

Damouredo :
Tu sens que c'est vraiment la vie dont tu rêvais...maman, au foyer et peintre ?
Miriama
: En fait comme je te l'ai dit, je n'ai jamais rêvé d'être mariée, encore moins d’être maman. J'étais « programmée » pour être architecte, performante, une « wonderwoman » quoi... Etre femme au foyer a été un choix difficile à assumer. Mais aujourd'hui je suis épanouie comme cela. Peut-être aussi parce qu'artistiquement j'ai déjà une petite reconnaissance, c'est sûr que cela aide pour assumer!

Damouredo :
Ah cette fameuse reconnaissance qui nous manque tant...et que tu trouves dans ton travail de peintre. J'imagine que certaines personnes ne doivent pas forcément comprendre ton choix..."Elle a fait de brillantes études...avait un super job...et maintenant elle est femme au foyer-peintre…ou peintre-femme au foyer...tu dois entendre ce genre de réflexions, non ?
Miriama : Oui ce sont des réflexions que j’ai entendues dans ma famille ou dans mon ancien entourage professionnel. C'est aussi pour cela que je pense qu'assumer ce choix de vie à Tahiti aurait été plus difficile.

Damouredo : Et tes parents ? Macho papa, non ? Donc peut être content que tu sois femme au foyer ?...
Miriama : Mitigés. Heureux d'être grands-parents mais papa voulait que fifille fasse de « grandes choses »… Oui macho (sicilien!!!) mais il m'a toujours dit que je devais être une « femme forte » !J’ai également un frère plus âgé mais sans enfant et il travaille dans le commerce à Tahiti. Mon père m'a éduquée pour me faire changer le monde!

Damouredo : Certains pensent que la femme au foyer se tourne les pouces à la maison...mais on sait qu'avec des enfants petits, c'est loin d'être le cas...Comment arrives-tu à t'organiser pour peindre ?

Miriama : C'est là que je fais une confession terrible LOL, depuis que je peins à plein temps, mes enfants sont à la crèche... En Corse ils ont d’abord été en halte-garderie trois après-midis par semaine, puis en crèche trois jours par semaine, puis en crèche tous les jours maintenant…

Damouredo : Il n’y a pas de honte, tu as la super chance de pouvoir...C’est parce que tu es déclarée artiste ? Comment as-tu fait ? Car si tu ne travailles pas « à l’extérieur »…tu n’as pas de place en crèche normalement…
Miriama
: Dès que tu vends une toile tu obtiens le statut d'artiste peintre. C’est ce qui m'a permis d'abord de les mettre en halte garderie. On m’a proposé ensuite la crèche, mais le plein temps est venu progressivement, en fonction des places disponibles...

Damouredo : Donc tu es une artiste qui travaille à la maison...et comme telle tu fais garder tes enfants. Tes fils sont contents ? C'est cela qui est important non ? Que tout le monde y trouve son compte. !
Miriama : Surtout que l'ainé a « besoin » d'être entouré... Il est hyperactif, et d'être à la crèche lui permet de faire plein d'activités en groupe . Et ce n'est pas pour me donner bonne conscience, mais il est plus épanoui depuis qu'il est en crèche. L’année dernière il était déjà dans la section des grands alors qu'il n'avait que 18 mois

Damouredo : Et tu parlais de reconnaissance d'artiste...ca y est ? Tu exposes ? Tu vends ?

Miriama
: J'organise une expo en mai à Tahiti et je participe à une vente en mars à Paris... je suis assez contente, oui.

Damouredo : Ah oui à Paris ?

Miriama
: J'ai été contactée pour participer à une vente publique à Neuilly qui permet aux artistes d'être cotés. Je n'y présenterai qu'une seule toile, mais c'est déjà un début pour se faire connaitre. J'ai des contacts pour une seconde expo en octobre à Paris... mais rien de fixé pour l'instant...

Damouredo : Tu es tout simplement contactée...tu n'as rien fait...c'est super
>Tu as déjà exposée sinon ?
Miriama : Oui à Ajaccio l'année dernière, j'ai participée à une expo collective

Damouredo : Souvent les municipalités organisent des salons de peintres...Enfin vers chez moi...c'est la grande mode.
Tu peins vraiment en pro depuis combien de temps ?
Miriama
: Depuis un an maintenant. J’ai vendu deux toiles et j’ai des réservations pour ma prochaine expo

Damouredo : Et elles sont sur ton blog ?
Miriama : Alors sur mon blog « artistique » il y a pratiquement toutes les toiles que j’exposerai, cela permet justement de faire des réservations de toiles avant l'exposition... Mais tout n’est pas encore visible, car je travaille pas mal en ce moment.

Damouredo : Je craque pour tes bleus...ils sont magnifiques.

Miriama
: Merci, j'ai justement vendu 1 toile bleue

Damouredo : Je peinturlure vaguement...et je peux te dire...combien je sais qu’il est difficile de faire des couleurs lumineuses… Tu peins à l'huile ou acrylique ? (j'essaie de faire ma pro...LOL)
Miriama
: A l'acrylique, je préfère, j'aime bien le coté « plastique » de l'acrylique

Damouredo : Et tu peins au couteau non ?

Miriama
: Je peins au couteau, mais en fait j'emploie plusieurs techniques

Damouredo : Je suis moins "quiche" qu’en architecture…j'avais remarqué les coups de couteau... LOL
Miriama : J'aime bien mélanger, mettre les mains dedans, faire des collages, c'est très physique comme peinture. On ne dirait pas parce qu'a la fin cela a l'air apaisé, mais pendant la création c'est un vrai champ de batailles ! Tu vois pour le couteau, j'étais dans une période agitée !

Damouredo : Pourtant tes mers...j'adore, elles m’apaisent.

Miriama
: C'est bien, car il ne faut pas que l'on perçoive le combat dans une toile. Cela doit rester une histoire entre la toile et moi...

Damouredo : Tu fais des collages aussi ? Sur quel tableau de ton blog par exemple ?

Miriama
: Justement les collages ce sont mes dernières toiles, mais elles ne sont pas encore sur mon blog...Mais c'est une d’entre elles qui sera à la vente de Neuilly.

Damouredo : Et ce qui est sympa...c'est que tous tes tableaux sont liés à la Polynésie.
"Anapa"...cela veut dire « reflet du soleil dans la mer » ?
Miriama :J'essaie de mélanger la Polynésie et l'art moderne, . C’est un peu une rencontre entre deux univers plastiques, deux cultures. Anapa, c’est le nom d'un tableau, mais c'est surtout celui de mon fils... Poétique non?

Damouredo :
Oui j'avais remarqué que c’était le prénom de ton fils...c'est pour cela que je te posais la question...J'aime bien ces prénoms qui veulent dire quelque chose. Je trouve aussi qu’il y a un côté très « éléments »...chez toi...non ? Mer, terre, feu...
Miriama
: Oui ça doit être mon coté polynésien qui parle en moi... Je tiens beaucoup aux noms polynésiens, ils expriment pour moi le sens profond de la toile, même si après chacun peut y voir ce qu'il veut en fonction de son histoire. C'est ce que j'aime dans l'art moderne, chacun peut l'interpréter.

Damouredo :
Art moderne...mais on s'y retrouve quand même... Ce n'est pas de l'abstrait... Dans ton tableau « Nape »...on sent la matière...
Miriama
: Je n’aime pas le coté élitiste de l'art.. Je trouve qu'il faut que cela soit simple et que chacun puisse se l'approprier. « Nape », le tressage, c'est un hommage pour moi au travail de tressage des polynésiennes.

Damouredo :
Alors nous sommes d'accord...LOL Tu ne m'as parlé de tes prix...
Miriama
: Oui c'est vrai ! A Tahiti je vends mes toiles 1000 euros et à Paris pour la vente prévue, le prix de la toile est fixé à 2500 euros.

Damouredo :
Combien de temps passes-tu sur une  toile ?
Miriama
: Ca dépend. Pour certaines une journée seulement, pour d'autres j'ai mis plus d’un mois! Je sais comme c'est de l’art moderne, on se dit que c'est vite fait, mais il y a souvent des hésitations, des doutes... Mais les toiles que je préfère en général, je les finies en moins d'une semaine.

Damouredo : Et as-tu des manies...par exemple toujours les mêmes pinceaux, la même marque de peinture... Miriama : Comme je fais des collages, des grands aplats j'aime les grands formats 120x120, mais c'est vrai que pour celles que je veux faire à paris on m'a conseillé des formats plus petits... Ma manie n°1 c'est le format : des toiles carrées !  

Damouredo :
As-tu ce dont tout artiste rêve…un atelier ?
Miriama
: Oui j'ai aménagé un atelier chez moi. J’ai beaucoup de chance et mon homme a tout fait pour que je sois bien installée

Damouredo :
Tu penses rester un moment en Corse ?
Miriama : Ca dépend de l'homme de ma vie, ça! J'espère encore un an, pour les enfants et puis à cause du soleil, mais peut-être que nous déménagerons sur Paris l'année prochaine. On ne sait pas encore...

Damouredo :
Tu as une vie un peu nomade. Tu aimes ?
Miriama
: Il va bouger tout le temps cet homme, et je suis condamnée à le suivre ! LOL Oui, c'est bien aussi de bouger, de voir d'autre chose. Mais je pense que lorsque les enfants seront plus grands, bouger pourra être une contrainte.

Damouredo : Tu sais qu'il y a une autre tahitienne sur le forum... Mais, elle habite à Hawaii. Kuipo... Miriama : Ah non je l'ai pas encore croisée ! J’irai à sa recherche Sinon, je suis ravie d'être sur ce forum, et de la rubrique.

Damouredo : Ah oui, c’est super cette rubrique peinture que tu as lancée avec des cours de dessin sur le forum !
Miriama :Oui il y a beaucoup d'artistes sur le forum, on va préparer plein de sujets pour cette rubrique !Je suis très contente d’animer ce petit cours, cela me permet d’échanger avec les autres femmes su forum, celles qui dessinent ou peignent déjà , mais aussi celles qui sont curieuses ou ont envie d’apprendre. Je pense que c’est enrichissant pour tout le monde.
Le premier cours de dessin s’est fait un peu au hasard, sur le thème des arbres, mais pour le prochain on essaie de préparer quelques choses de plus étoffer sur le nu. J’ai demander à d’autre FAF, micoton, fabie , tiphaine, celles qui peignent ou dessinent déjà, de m’aider à le préparer et de me donner leurs avis, parce que comme je suis autodidacte,moi aussi j’ai besoin d’apprendre ! Et puis travailler en équipe c’est plus enrichissant !
Donc la semaine prochaine on attaque le nu, et ensuite on fera je l’espère un peu de peinture abstraite… J’ai aussi envie de faire un sujet mixte photo-peinture dans la veine du POP-ART, avec l’aide de LOL Gadoune, et aussi de l’équipe qui organise les concours photos !
Bref on a pleins d’idées, et je pense que comme il y a beaucoup de femmes créatives sur le forum, cela risque de ne pas s’arrêter là !

Damouredo : J'espère que tu vas vraiment percer dans ce difficile métier
Miriama : Comme je ne le vois pas comme un métier cela devrait aller ! Et je vais essayer de faire des salons l'année prochaine

Damouredo :
Oui mais il faut aussi avoir de la chance...et pas que du talent...je le dis à ma fille.
Miriama
: Je crois entendre mon père ! LOL Mais je suis certaine que je dirai la même chose à mes fils!  

Damouredo :
Je pourrais être ta mère...ma chère enfant... LOL Miriama, c’était un plaisir d’être avec toi. J’ai juste encore 10 000 autres questions à te poser. Lol Tahiti...c'est tellement une autre vie...et puis ton parcours est si original.. Enfin on te sent heureuse...et ça c'est super. Je te remercie.
Miriama
: C'est grâce à l'amour… Merci à toi !

Pour aller admirer les tableaux de MIRIAMA, c'est ICI

L'interview est déjà très long...mais je trouvais dommage de ne pas parler des peintres qu'aime Miriama. Comme elle le dit elle-même..."ça explique souvent bien des influences...parfois inconscientes !"

collage
Oceanie

La_danse

giacometti

Edit du 26 juin : Allez voir sur l'aticle de presse sur l'expo de Miriama en Polynésie ICI

Posté par damouredo à 07:46 - Interviews - témoignages - Commentaires [12] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

23 janvier 2007

La validation des acquis de l'expérience (VAE)

Toute personne engagée depuis au moins trois ans dans la vie active peut obtenir tout ou partie d'un diplôme ou d'un titre à finalité professionnelle en faisant valider les acquis de son expérience professionnelle, mais également bénévole."

J’ai eu le plaisir d’interviewer Fauvette, une de nos animatrices région du forum. Elle a brillamment réussi sa VAE (Validation des acquis de l'expérience) et j’ai voulu en savoir plus...

Damouredo :

Peux tu te présenter en quelques mots Fauvette svp ?

 - Fauvette :

J’ai 38 ans (presque) 2 enfants, j’étais monitrice-éducatrice jusqu'au mois de décembre, FAf depuis 1 an demi après après avoir démissionnée pour suivre mon mari. J'habite de nouveau en Alsace depuis cette même période.

J'ai profité de cette période pour faire une Validation des Acquis d'Expérience (VAE) ce qui m'a permit d'obtenir un diplôme supérieur au mien. Je suis donc maintenant éducatrice spécialisée.

Damouredo :

Ton job de monitrice éducatrice consistait en quoi, svp ? Tu l'as exercé combien de temps ?

- Fauvette :

J'étais monitrice éducatrice depuis 1992.

Un moniteur éducateur intervient dans le champ de l'éducation spécialisée. Il peut aussi bien travailler auprès de personne handicapées mentales (adultes ou enfants), souffrant de troubles du comportement, ou dans le cadre de l'assistance éducative. Il peut par exemple travailler dans des maison d’enfants à caractère social où sont accueillis les enfants placés (un peu les anciens orphelinat), mais ce sont surtout là où vivent les enfants dont les parents sont en trop grandes difficultés pour s'occuper d'eux .

 Damouredo :

Tu ne t'occupes donc pas d'enfants ou d'adultes handicapés physiques mais de ceux qui ont des problèmes mentaux c'est bien cela ?

 - Fauvette :

Jusqu’à maintenant, j'ai essentiellement travaillé avec des adultes handicapés mentaux, qui n'étaient pas capables de travailler. Mais également avec des enfants placés, par exemple.

Mais mon métier peut aussi m'amener à travailler avec des adultes handicapés physiques, d'ailleurs certaines personnes avec qui je travaillais étaient en fauteuil roulant.

 Damouredo :

Donc soit handicapés physiques et mentaux...soit que mentaux, soit que physiques...c'est cela ?

Et tu as largement plus de 10 ans d'expérience...Es-tu fonctionnaire ?

 - Fauvette :

Non je ne suis pas fonctionnaire mais souvent considérée comme telle pour la sureté de l'emploi.

 Damouredo :

Et comment t'es venue l'idée du VAE ? Comment en as-tu entendu parler ?

 - Fauvette :

J'en ai entendu parler dans mon travail car ils ont fait le constat que beaucoup de personnes qualifiées allaient partir à le retraite et qu'elles ne pourraient pas être remplacées par les personnes déjà diplômées, car il y avait déjà un manque de personne diplômées. Et en parallèle, ils se sont aperçus que les personnes sur le terrain, comme moi, avaient l'expérience du poste mais pas les diplômes correspondants.

 Damouredo :

Donc c'est ton employeur qui t'a aidé à préparer cette VAE ?

 - Fauvette :

Pas du tout, mon employeur n'a rien fait.

Il s'agit d'une démarche personnelle, mais pour les gens qui travaillent, un accompagnement à la VAE peut être financé par l'employeur.

 Damouredo :

Peux-tu me dire en quelques mots ce qu’est la VAE ?

 - Fauvette :

La VAE permet de faire reconnaitre l'expérience de chacun dans son domaine et de faire valoir par un diplôme les acquis de cette expérience, c'est une reconnaissance de l'expérience, une valorisation!

La VAE existe dans tout les secteurs, il faut se renseigner. (Voir les liens proposés plus bas)

 Damouredo :

Quand je demandais si ton employeur t’avait aidée...c'est parce que c'est lui qui t'a informée de l'existence...de la possibilité du VAE ?

 - Fauvette :

Non, non pas du tout.

 Damouredo :

Vas-y raconte moi alors comment tu as fait.

 - Fauvette :

J'avais l'expérience d'une éducatrice spécialisée mais pas le diplôme ni la reconnaissance ni la rémunération qui allait avec, mais je faisais le même travail. En ayant cette VAE je suis reconnue maintenant comme éducatrice spécialisée, j'ai  le même diplôme d'état que mes collègues et quand je recommencerai à travailler, je postulerai en tant qu'éducatrice spécialisée, et je serai rémunérée en conséquence !

 Damouredo :

Et c'est payant de préparer cette VAE ?

 - Fauvette :

La VAE est gratuite et c’est l'accompagnement proposé qui est payant. Environ 2000 € je crois, mais il n’est pas obligatoire.

Mon accompagnement a été pris entièrement en charge par le département et c'est le cas automatiquement pour tous les demandeurs d'emploi.

 Damouredo :

Ca consiste en quoi cet accompagnement ?

 - Fauvette :

Un organisme te propose 24 heures d'accompagnement. C'est à dire 14 heures en séances collectives et semi-collectives et le reste en heures d'accompagnement individuelles.

Il s'agit de bien expliquer la démarche VAE, et expliciter, détailler au maximun le livret 2.
Pour arriver à mieux se l'approprier. la formatrice va ensuite nous aider individuellement à détailler, à expliciter notre travail et notre façon de travailler en s'appuyant sans cesse sur le référenciel concerné.

 Damouredo :

Et pour t'inscrire, c'est où ?

 - Fauvette :

Je suis allez au point rencontre VAE qui existe dans tout les départements pour voir si ma démarche était faisable (se renseigner dans sa mairie ou à la préfecture).

Dans mon domaine c'est le rectorat qui s'occupe de cela. J'ai donc écrit pour avoir un dossier que l'on m'a d'ailleurs télétransmis par internet. J'ai remplis le Livret 1 qui permet de vérifier que tu remplis toutes les obligations de 3 ans minimum d'expérience dans le domaine concerné.

 Une fois le Livret 1 validé, il te faut remplir le Livret 2.

 Là il s'agit de détailler point par point de manière extrêmement précise, pourquoi, comment etc... on est ce que l'on prétend être : c'est à dire un éducatrice spécialisée. Pour cela il faut remplir ce livret 2 qui s'appuie sur le reférenciel d'éducateur spécialisé, et qui est réparti en 4 fonctions .

 Pour chacune des fonctions on raconte sa pratique autour d'une situation (diagnostic éducatif, accompagnement, projet, analyse de la pratique). Ce livret 2 est lu par un jury de professionnels. Et il faut ensuite le soutenir à l'oral.

 Damouredo :

Donc tu as un dossier écrit à préparer...et un oral à passer...Tu soutiens ensuite ton dossier devant un jury...

Donc si je résume...ton dossier écrit est constitué de 2 livrets.

- Fauvette :

Le gros boulot, c'est mon livret 2 de 108 pages avec en plus des éléments de preuves joints. C'est en fait une analyse de ta pratique professionnelle.

Damouredo ::

Ton livret 1 est lu par un jury...et si tu es suffisamment cohérente, ils te font passer l'oral... ?

Tu peux être déjà recalé à l'écrit j'imagine...

- Fauvette :

Oui une fois le premier livret validé, le plus gros boulot est la rédaction du 2ème !

Damouredo :

Tu fais donc valider livret après livret.

- Fauvette :

C'est ça, on t'interroge sur ton livret 2 et ensuite c'est terminé. 

Damouredo :

Le livret 1 c'est un peu pour faire ta pub...en quelque sorte...

 - Fauvette :

Oui le livret 1 c'est juste une formalité pour vérifier que tu es dans les clous et que tu as suffisamment d'expérience

 Damouredo :

Donc si je résume, le livret 1 c’est pour dire « je veux passer une VAE...pour telle et telle raison »

Ensuite...avec le livret 2 les choses sérieuses commencent...

Et tu as l'oral...pour présenter ensuite le travail fait dans ton livret 2.

 - Fauvette :

Livret 1 = j'ai tant d'années d'expérience dans tel domaine et je veux passer la VAE  pour obtenir tel diplôme : voila mon expérience concrète.

Livret 2 = je vous prouve que je suis ce que je prétend être.

 Même si tu n'as pas d'expérience dans le monde du travail, la VAE peut être aussi un moyen intéressant pour une femme au foyer de valider une expérience…expérience dans le bénévolat, animation d’un atelier bibliothèque, gestion d’un forum de FAF…

Damouredo :

OK...donc si je prends mon cas, au hasard,…je pourrais faire une VAE dans le domaine de la communication par exemple ?

Dis-moi, c’est à toi de trouver quelle VAE tu veux passer...ou on peut t'aider lors de l'inscription ? Parce que ce n'est pas facile quand même...

 - Fauvette :

Pour toi, cela pourrait être tout à fait cela : communication, informatique, animation, gestion des personnes, tu pourrais préparer une VAE dans ces domaines…

Oui, au début de la démarche au point accueil VAE les employés sont là pour te guider et t'orienter dans le choix de ta VAE. 

Damouredo :

Tu as passé combien de temps à faire ton livret 1 svp ? Et ensuite ton livret 2 ?

- Fauvette :

Quelques jours pour le livret 1 et plusieurs mois pour le livret 2

Damouredo :

En tout...tu as travaillé combien de temps sur cette VAE ?

Qu'est ce qui a été le plus difficile pour toi ? Le plus facile ?

- Fauvette :

Je dirais un an depuis le début de mon livret 1 mais ensuite énormément pour la préparation de mon livret 2. Car dans mon domaine c'est un travail d'analyse personnelle et de sa pratique.

 Donc de juin jusqu'a fin septembre, c'était tous les jours ou presque. Et surtout le soir et la nuit parce que la journée, j'avais mes enfants à m’occuper.

 Le plus facile était de trouver de quoi je voulais parler car j'avais plein de choses à dire.

Et le plus difficile a été de rendre mon dossier à temps et de le rendre suffisamment explicite pour le jury.

 Damouredo :

Et le jury...il est consisté de qui ? De personnes qui font ton job ? Cela se passe où ? Comment ?

 - Fauvette :

Deux personnes en ce qui me concerne. Un directeur d'établissement et une éducatrice spécialisée.

 Damouredo :

Donc des personnes de ta branche professionnelle...

 - Fauvette :

C’était à Strasbourg et pendant 3/4 d'heure environ.

Oui des professionnels de mon métier.

 Damouredo :

Le jury était sympa ? Vous étiez plusieurs à passer ?

 - Fauvette :

L'entretien s'est bien passé, ils trouvaient mon dossier intéressant. Et j’avais des facilités pour en parler.

Je parlais de ce que j'avais fait et j'ai toujours beaucoup analysé ma pratique

 Oui nous étions nombreux à passer cet oral.

 Damouredo :

Tu étais donc à l'aise...car motivée et bien au courant du job.

 Mais si tu loupes ton oral ou que pour une raison ou une autre, tu ne peux pas le passer,...tu peux être malade par exemple...tu as moyen de le repasser ?

 - Fauvette :

Certains ont eu leur VAE entièrement comme moi. D’autres pas du tout (assez peu) et certains l'ont eue partiellement et devront donc soit recommencer pour valider les fonctions non obtenues soit aller à l'école pour passer l'examen directement d'éducateur spécialisé.

 J'étais tout à fait dans le créneau VAE, une personne qui n'a jamais réfléchi à ce qu'elle fait, pourra avoir 20 ans de métier ça ne passera certainement pas !

Dans mon métier,

il faut sans cesse regarder si ta pratique correspond au réferenciel professionnel qui a une très grande importance dans cette activité.

 Damouredo :

Quand tu parles de valider les fonctions non obtenues...cela veut dire que la VAE est tronçonnée ?

Ta VAE avait combien de fonctions par exemple ?

 - Fauvette :

4 fonctions :

 . diagnostic éducatif

. accompagnement éducatif,

. mise en place de projet socio-éducatif,

. analyse de la pratique

Je te donne les grands titres... 


Damouredo :

Donc tu peux réussir 2 fonctions et pas les 2 autres...puis tu as un nouvel oral de rattrapage où tu dois recommencer le livret 2 sur ces fonctions ?

 - Fauvette :

Oui tu as tout compris

Damouredo :

Et tu peux repasser l'examen combien de fois ? 

- Fauvette :

Je crois en tout 4 fois , mais je ne suis pas certaine !

 Damouredo :

Quels seraient les conseils que tu pourrais donner à quelqu'un qui serait intéressé pour passer cette VAE ?

Par exemple les choses à faire, les erreurs à éviter…

Et comment s'organiser...

 - Fauvette :

Premièrement aller au point accueil VAE de son département. Il y a régulièrement des réunions un peu partout !

Ensuite savoir que cela lui redonnera confiance en elle, dans ses capacités, son savoir faire...

Se rendre compte qu'il s'agit avant tout d'une démarche personnelle qui demande quand même du travail il faut bien l'avouer. Mais la reconnaissance professionnelle est au bout du parcours.

 Damouredo :

C'est quand même un gros investissement temps...est-ce que ton mari t’a aidé ?

 - Fauvette :

Oui, la VAE

représente 12 mois de travail en tout et 4 mois d'écriture intense

Disons que mon mari m’a soutenue surtout moralement et qu'il est vraiment très fier de moi et ça compte pour moi.

 Damouredo :

Tu as raison, c'est important de prouver à nos maris qu'on peut y arriver.

 Est ce que ton expérience de maman et de femme au foyer t'a aidée dans ta VAE qui est somme toute très spécialisée...de plus tu disais au début...que tu occupais déjà ce job sans en avoir les qualifications...

 - Fauvette :

Oui bien-sûr,  une maman qui fait de l'accompagnement piscine, du bénévolat, qui aide son mari dans son entreprise, qui est active dans une association par exemple tout compte !

Disons que je suis beaucoup plus sûre de moi et j'ai une autre sensibilité depuis que je suis maman, je prends plus de recul, je rue moins dans le brancard, je réfléchis et après je fonce !

De plus j’ai surtout travaillé jusqu'au tout dernier moment sur le fond du livret 2, j'avais peu de temps pour la forme ! Cela m’a donné de l’assurance à l’oral.

 Damouredo :

As-tu fait des erreurs...que tu aurais pu éviter en préparant cette VAE ?

 - Fauvette :

Il m’aurait fallu plus de temps pour relire mon dossier et éviter les fautes de frappe et d’orthographe. Car j’ai vraiment manqué de temps à la fin, d'où un dossier un peu brouillon quand même. Ce qui me désole !!!

 Damouredo :

C’est un gros boulot, mais globalement, tu es ravie et fière de toi d'avoir passé cette VAE...tu recommences à travailler quand ?

 - Fauvette :

Ce Printemps je pense mais grâce à cette VAE je vais avoir plus de choix pour choisir mon futur poste, enfin j'espère. 

Damouredo :

Donc cela va te permettre de te choisir un poste...le lieu c'est cela ?

 - Fauvette :

Oui

Damouredo :

Et niveau salaire...cela va te faire une augmentation de combien...(tu n'es pas obligée de répondre...)

Car je me doute que tu n'as pas passée cette VAE que pour l'aspect financier.

- Fauvette :

Je ne sais pas exactement mais surtout c'est que j'évoluerai beaucoup plus vite. Et qu'en général entre une éducatrice spécialisée et une monitrice, il y a vers le milieu de carrière, une différence d'environ 150 euros. Et l'écart se creuse encore plus après !

Non, mais ça compte aussi parce que vivre juste d'amour et d'eau fraiche...

Damouredo :

Tu penses recommencer à travailler à plein temps ?

Car j’imagine que ce sont des jobs qui sont nerveusement fatigants...

- Fauvette :

Non 3/4 temps ou mi-temps, on verra. Il me faut aussi du temps pour le forum !!!

Et un peu pour mes enfants qui ont pris goût à m'avoir à la maison !

Damouredo :

Encore une question indiscrète...le choix de ton job de départ...c'est parce que tu as quelqu'un d'handicapé dans ton entourage ?

- Fauvette :

J'ai mon neveu qui est handicapé physique mais je ne crois pas que cela ait joué directement. Je dirais que c'est par hasard mais les « psy » rétorqueront qu'il n'y a jamais de hasard dans le choix de ce genre de carrière et ils ont sans doute raison, car j'adore mon métier !!

Damouredo :

Oui, on te sens enthousiaste d'en parler...

 Au départ tu avais fait quoi comme études ?

- Fauvette :

Un BEP sanitaire et social et bien sur après, l'école de moniteur-éducateur

 Damouredo :

Si tu les as...peux tu me donner les sites qui parlent de la VAE, svp ?

 - Fauvette :

Les voilà !

http://www.unjf.fr/83882277/0/fiche___pagelibre/

http://www.service-public.fr/accueil/vae.html

http://education.gouv.fr

http://www.education.gouv.fr/cid1106/fonctionnement-de-la-v.a.e.html

http://www.promofaf.fr/Dossier_VAE/index.asp

http://www.iciformation.fr/article-2-La-VAE.html

http://www.centre-inffo.fr/VAE-Validation-des-acquis-de-l.html

 

Damouredo :

Merci Fauvette, cela a été un plaisir.

- Fauvette :

C’est toi que je remercie

Posté par damouredo à 15:19 - Interviews - témoignages - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



« Accueil  1