Le journal des femmes au foyer

Pour toutes celles qui ne sont plus des anonymes qui travaillent dans l'ombre...

10 avril 2006

Petit coup de blues ou grosse déprime ?

Petit coup de blues ou grosse déprime ?

Où est la frontière ? Quand et qui consulter ?

Environ 30% de la population seront placés à un moment de leur vie sous anti-dépresseurs.

Ce chiffre fait peur, car il laisse à penser que l'on attribue le terme de dépression à toute souffrance psychologique, qu'elle soit ou non conforme aux critères américains faisant autorité "le DMS IV".

Il existe donc un certain nombre de patients sous anti-dépresseurs et qui ne sont pas de "vrais" déprimés".

Il est donc primordial pour le médecin de bien différencier un épisode dépressif majeur d'une tristesse passagère (deuil, coup de blues, fatigue excessive...).

Quels sont donc les critères selons le DMS IV ?

Ils sont 5 qui doivent être présents ensemble et tous les jours pendant minimum 2 semaines d'affilée.

1. Humeur dépressive toute la journée et tous les jours

2. Perte ou augmentation de l'appétit presque tous les jours

3. Gain ou perte significatif de poids en l'absence de régime

4. Insomnie ou hypersomnie presque tous les jours

5. Agitation ou ralentissement psychomoteur tous les jours et quasi toute la journée

Ces symptômes induisent une souffrance morale importante, une altération de la vie familiale, sociale et professionnelle et une rupture vis à vis du fonctionnement antérieur.

La dépression n'est pas une maladie de la volonté et les injonctions de type "secoue-toi, prends sur toi" n'y changent rien au contraire elles renforcent le sentiment d'échec.

Seuls les patients présentant les 5 symptômes sont de vrais dépressifs et nécessitent un traitement par anti-dépresseurs.

Pour les autres, il s'agit de tristesse passagère qui ne nécessite pas de traitement médicamenteux.

Prescription abusive ? Solution de facilité pour praticiens débordés ?

Le traitement ne peut se résumer à la prise de médicaments qui restent à visée purement symptomatique, une sorte de drogue sans risque et pour se doper afin de rester dans le circuit de la vie sociale. L'écoute empathique est un élément tout aussi important voire même plus encore vers la guérison.

Vers qui se tourner ?

* Le médecin traitant est celui qui vous connait le mieux, souvent depuis (très) longtemps, vous, votre famille, votre façon de vivre. Dès lors, il est le premier habilité à remarquer des changements et à vous conseiller. Il est capable et autorisé à prescrire un traitement. Seul problème, souvent surchargé, il aura des difficultés à vous accorder 3/4 d'heure de son temps (ce qui est celui d'un rendez-vous psychologique) à chaque visite.

* Le psychiatre (médecin spécialiste qui après ses études de médecine a continué pendant 5 ans des études de psychiatrie). Longtemps redouté, car le mot psychiatre a évoqué médecin des "fous", maintenant lui rendre visite semble rentré dans les mentalités sans connotation péjorative. Il est apte à vous prescrire un traitement mais aussi à vous recevoir le temps nécessaire sur rendez-vous.

* Le psychologue a fait 5 ans d'études de psychologie avec son bac. Il est parfaitement formé pour vous écouter mais ne peut prescrire de médicaments.

* Le psychothérapeute est un psychologue qui a suivi en plus une formation complémentaire ou qui a bénéficié lui-même d'une analyse. Il vous écoutera attentivement, mais ne peut prescrire de médicaments. Il est plus particulièrement spécialisé dans les analyses au long cours que sur les aides ponctuelles.

N'oubliez pas qu'il est aussi et surtout essentiel d'être bien accompagnée et soutenue par son entourage familial, amical et professionnel et ce, qu'il s'agisse d'un petit coup de blues ou d'une vraie dépression.

Vitamine

N.B : Les années d'études et les grades peuvent être un peu différents puisque je me base sur ce que je connais c'est-à-dire ce qui se passe en Belgique et je sais que vos appellations ne sont pas toujours les mêmes pour les mêmes choses.



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