Le journal des femmes au foyer

Pour toutes celles qui ne sont plus des anonymes qui travaillent dans l'ombre...

17 novembre 2005

NI MERE AU FOYER ! NI SALARIEE !

Tract distribué le 1er mai en Avignon par "les Femmes Maudites"


Le système capitaliste, vaste machine à exploiter les hommes sous prétexte de progrès, n'a pas oublié les femmes. Et comment pourrait-il les avoir oubliées alors qu'elles constituent, à ses yeux, la plus belle armée de réserve jamais imaginée, la plus invisible, la moins revendicatrice, la plus malléable et consciencieuse ? Comment ne pas profiter des fruits d'une éducation qui leur a retranché le droit à la parole, leur a dénié un rôle actif dans l'histoire, les a amenées à observer le silence (ferme ta gueule, tais-toi et travaille !) ?

Le travail des femmes sert largement le système capitaliste puisqu'il peut piocher allègrement dans cette armée de réserve et la sous-payer. Par ailleurs, il perpétue la domination en instaurant non seulement une inégalité salariale selon le sexe, mais aussi des ghettos d'emplois féminins. En lui présentant le travail comme la clef de son émancipation qui lui permettrait de mieux choisir sa forme de vie, l'intégration au modèle dominant, pour lequel un individu est assigné à une fonction, un usage, s'est faite en douceur. Par l'argument fallacieux de la libération des femmes et par l'illusion de son entrée dans la sphère publique, le travail est devenu la nouvelle caution d'existence qui n'est plus qu'économique, et s'est constitué comme une fin en soi.

Les Femmes Maudites emmerdent les femmes qui clament leur féminisme tout en intégrant le modèle masculin et en limitant leurs revendications à de meilleures conditions de travail, à une parité numérique, à des revendications salariales. Accepter cela revient à ne plus considérer le travail comme une aliénation du corps et de l'esprit, comme un conditionnement social, comme un synonyme d'esclavage. Rien humainement ne justifie un système basé sur l'argent et le travail. En devenant des travailleuses salariées, les femmes sont devenues les rouages d'une machinerie sociale créée par les hommes. Elles sont passées d'une domination à une autre, de celle du mari à celle du patron, d'une exploitation à une autre, de celle du foyer à celle de l'entreprise. Elles ont accepté et se sont approprié les codes de la virilité avec la promesse sociale par l'effort, la compétition, la rentabilité, l'opportunisme, l'individualisme.
C'est ça l'émancipation ? En travaillant de plus en plus, en consommant de plus en plus, les femmes pérennisent le système capitaliste qui fait des individus des êtres flexibles, sur-médiatisés, sous-conscientisés, sédentaires dans leurs références théoriques mais mobiles dans leurs capacités d'exploitation. La femme ne pourra en aucun cas s'affranchir à l'intérieur de ce système. Le patriarcat et le capitalisme doivent être différenciés (la domination des hommes sur les femmes a existé bien avant le capitalisme), mais combattus de front. Ni l'intégration du/au modèle masculin par l'égalité économique, ni l'instauration d'un modèle matriarcale à l'intérieure du système capitaliste ne peuvent représenter des solutions satisfaisantes. Seule la destruction totale de ce système fondé sur l'argent et le travail crée par les hommes pourra libérer les femmes de l'emprise masculine.

BOOM

Contact : femmesmaudites@freesurf.fr

Les Femmes Maudites – mai 2003

Commentaires

Les femmes étaient elles plus heureuses en URSS...je me le demande ?

Posté par Emma, 17 novembre 2005 à 07:14

Bien trop agressif pour moi. Cela me fait un peu comme tous les discours démago ! Tout est de la M... ok c'est quoi les propositions concrètes ?? Ce n'est certainement pas un mouvement dans lequel je pourrais m'intégrer mais toujours bon de voir ce qui existe.

Posté par Pégase, 17 novembre 2005 à 08:33

Je pense qu'il faut exiger beaucoup pour obtenir un peu...Sur le fond, il y a des choses très pertinentes, sur la forme...Très politique et agressif. Est-ce la seule façon de se faire entendre ? C'est la question que je me pose.

Posté par damouredo, 17 novembre 2005 à 08:56

C'est la version contraire des "chiennes de garde"? Personnellement je trouve le discours "criant"! Il y a des remarques intéressantes qui permettent d'ouvrir le débat, mais je n'aime pas ce style "rentrer dedans".

Posté par Domus, 17 novembre 2005 à 12:47

Que faut il faire ???
Comment moins consommer, moins dépendre du système capitalisme....
Peut être en pratiquant la simplicité volontaire??
en voici une définition sur :
http://www.simplicitevolontaire.org/rqsv/definition.htm

Posté par malou, 17 novembre 2005 à 18:00

pour moi aussi trop agressif. mais il faut parfois crier pour ce faire entendre

Posté par codecontes, 17 novembre 2005 à 18:03

Simplicité oui

Je suis d'accord avec la simplicité volontaire; mais c'est un sujet qui mérite un grand débat car notre société de gaspillage nous éloigne des choses simples, de notre capacité à penser et par là-même de notre humanité.
Cependant, il faut bien avoir conscience que beaucoup de mères (et pères) doivent souvent vivre la simplicité OBLIGATOIRE, n'ayant pas les moyens tout simplement de faire vivre leur famille.
Par ailleurs, certains pères ne souhaitent-ils pas eux aussi moins travailler pour être plus présent à leur famille, à leur vie tout simplement. Mais nous donne-t-on le choix? Souvent, c'est à prendre ou à laisser.
Alors la simplicité volontaire devrait aboutir au partage d'une part du travail, de l'autre de nos richesses financières et ... de nos savoir-faire.
A mon avis, pour mieux vivre et ne pas compromettre la vie du monde à venir (celui de nos enfants), un équilibre entre les différents temps de notre vie est nécessaire : partager le travail quitte à vivre moins riches.
Mais pour cela, il est indispensable de réfléchir à ce que sont nos besoins ESSENTIELS d'êtres humains?

Posté par Mamapop, 07 décembre 2005 à 23:31

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